Bientôt le grand saut...
Illustration de Jack du site danger écoleInexorablement, la rentrée approche à grand pas et comme d'habitude, je n'ai pas envie d'y aller.... "Bouhouhouh, je ne veux pas aller à l'école !!!" Certains penseront "De quoi se plaint cette feignasse d'instit ???" et d'autres me comprendront. Le stress va monter en puissance jusque jeudi, les muscles se contractent doucement mais sûrement et mes trapèzes seront durs comme du béton jeudi matin. Mon ange s'étonne que je puisse être encore aussi stressée alors que cette année je fais ma 10e rentrée au CP mais je crois que le nombre ne change rien à l'affaire et que même à la 30e je ressentirai le stress et cette panique jusqu'à ce qu'il soit l'heure que les élèves arrivent et que la machine se mette en route. Je me sens mieux à partir du moment où j'ai vu les élèves, à partir du moment où j'ai pris la température de ce que sera mon année... Vous pouvez vous étonner que les premières heures me donnent une idée de l'année entière mais avec l'expérience...
Par exemple, si un élève se permet d'être insolent dans les 1eres heures alors il y a fort à parier qu'il sera casse-pied toute l'année parce que s'il n'est pas impressionné par la rentrée alors il ne le sera pas plus au bout de quelques mois et il faudra batailler ferme...
Je stresse parce que la première semaine est très importante et permet de poser les bases du reste de l'année.
Je stresse parce qu'au CP, la rentrée se fait avec les parents et que dans l'école où je bosse, il faut souvent gérer les "Pas content" que leur enfant soit dans ma classe plutôt que dans celle des voisins. Je comprends que je ne fais pas le poids face à des collègues qui ont la cinquantaine et qui font du Cp depuis 30 ans, je comprends que leur expérience les rassure, je sais qu'une de ces collègues s'est chargée de me faire une mauvaise réputation sur le "trottoir", je sais que ma vision des choses est différente du fait de mon âge (de ma jeunesse oserai-je dire) Avec le temps, j'ai appris à faire avec, à relativiser mais ce n'est pas agréable du tout et à force c'est gonflant. Dans l'école où je bosse, c'est un milieu plutôt favorisé mais le revers de la médaille c'est que les parents sont très ch... Ils ont l'habitude de faire des lettres pour choisir le futur instit de leur enfant (sur de motifs souvent fallacieux comme les on dit mais bon...). Ils se croient au super marché et se permettent d'écrire à l'inspectrice voire au ministre au moindre faux pas ou à la moindre contrariété... Je trouve que les parents est l'aspect le plus difficile de mon métier et que diraient-ils si ils étaient à la campagne parce que dans l'école de ma soeur, ils n'ont pas le choix de l'instit et en plus leur enfant les ont plusieurs années de suite... Le pire, pour nous, c'est que la directrice n'est pas assez "solide et efficace" pour mettre un terme à ces dérives....
Sur le front "vie privée" tout est pour le mieux... et je dirai à ma mère qu'elle ne s'inquiète pas. Pourquoi ? Parce que pendant les vacances, je lui confiais avoir un peu peur de la vitesse à laquelle vont les choses et qu'elle m'a répondu: " Quand c'est le bon, ça va vite et c'est normal. Et surtout, si il veut s'installer chez toi, laisse le venir" Elle me connaît, elle sait que je suis maintenant indépendante (ça n'a pas toujours été le cas) et que je suis du genre à freiner, c'est plus fort que moi (je sais que ça vient du passé et que ça ne passera jamais tout à fait mais que j'ai appris à faire avec et que j'ai du mal à me projeter à long terme). Maman soit tranquille, j'ai accepté qu'on aille rendre visite à sa soeur et nous avons passé son jour de repos avec sa famille. J'ai accepté qu'il vienne dormir tous les jours (en même temps il n'arrive plus à dormir sans moi), il a voulu laisser ses affaires de toilettes à la maison et je lui ai fait une place sur l'étagère, la brosse à dent côtoie les deux nôtres et en plus je lui ai même laissé une étagère de l'armoire et puisqu'il ne sait jamais trop à quelle heure il va finir, je lui ai donné une clef.... Tu vois, je ne le rejette pas simplement, j'avais un peu peur et j'avais besoin de t'en parler... Je voulais que les choses se fassent naturellement, sans long discours prise de tête, je voulais que les choses viennent de lui, qu'il ne se sente pas "pris au piège" parce que je sais parfaitement qu'il faut que je le laisse complétement libre, d'ailleurs, je ne supporte pas ça moi même. Il projette des week-end à trois et je ne panique pas mais moi, je n'arrive toujours pas à le faire même si je ne me vois déjà plus sans lui. Promis, je te le présente quand tu viendras en septembre...
Et vous, vous êtes vous installés rapidement avec votre conjoint?
Pour les instits (et les autres d'ailleurs), êtes vous stressés par la rentrée ?
Bonne rentrée à tout le monde et à la semaine prochaine...
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